Raiponce, Raiponce, lance-moi ta chevelure! »

Nul besoin d’expliquer le choix de la citation qui sert de titre à cet article… Je vais vous parler aujourd’hui du sujet qui m’a le plus importé quand j’ai commencé à pratiquer la cosmétique maison : l’art d’avoir une longue et belle chevelure, souple, sans noeuds, lustrée, aux pointes épaisses…

Évidemment, depuis 2005, j’ai eu l’occasion de connaître des réussites, mais aussi bon nombre d’échecs, le parcours du naturel étant au départ semé d’embûches, puisqu’à l’arrêt des produits pleins de silicone, l’état réel des cheveux se révèle sans voile, et qu’il faut alors y remédier patiemment.

Ce que je vous livre là est donc le fruit de longues années d’expérimentation, un protocole qui convient, 3 fois par semaine environ, à mes cheveux longueur de poitrine, plutôt lisses et souples, d’épaisseur moyenne, aux reflets auburn donnés par un henné trisannuel, et avec des pointes régulièrement coupées par mes soins, plutôt que par un figaro irrespectueux des consignes.

Comment laver ses cheveux sans les attaquer?

L’étape primordiale selon moi est d’éviter d’agresser ses cheveux, que ce soit par des shampoings quotidiens pleins de sulfates ou un usage abusif du sèche-cheveux ou du lisseur.

Pour ma part, je lave mes cheveux en général trois fois par semaine (pas moins, car je fais du sport quasi quotidiennement et déteste sentir un cuir chevelu qui gratte après transpiration : si besoin, je n’hésite pas à mouiller et masser mon cuir chevelu pour faire une sorte de lavage à l’eau!).
Je n’utilise que des shampoings doux, soit un palet solide que je crée moi-même depuis des années, soit un shampoing bio liquide que je dilue fortement dans une petite carafe à cet effet (3 cuillères à soupe de shampoing dans 250 millilitres d’eau).
Je ne shampouine que les racines, laissant le produit passer sur les longueurs et les pointes de mes cheveux lors du rinçage.
Un seul shampoing me suffit, pour ma part, vu que j’en fais assez souvent.

Voici les recettes que j’utilise pour faire des shampoings solides, avec des tensioactifs relativement doux :

1. 60% de SCI + 20% de beurre de cacao + 10% d’huile végétale au choix + 10% d’eau minérale
2. 35% de SCI + 35% de SCS + 10% de beurre de cacao + 10% d’huile végétale au choix + 10% d’eau minérale

https://www.aroma-zone.com/info/fiche-technique/tensioactif-sci-aroma-zone
https://www.aroma-zone.com/info/fiche-technique/tensioactif-sodium-coco-sulfate-aroma-zone

Je mixe tous les ingrédients 10 minutes au thermomix à 90•C puissance max, puis je transfère la pâte obtenue dans des moules en silicone de différentes formes et tailles que j’oublie ensuite quelques heures au congélateur. Ensuite je démoule et range les palets obtenus dans une boîte hermétique jusqu’à l’utilisation. L’utilisation est la même que celle d’un pain de savon que l’on frotte sur le cuir chevelu. Attention à ne pas laisser traîner un shampoing solide dans l’eau ou même dans un endroit trop humide !

Faut-il utiliser un après-shampoing?

Cela fait un peu plus d’un an maintenant que j’applique, remanié à ma sauce, un protocole conseillé par Nouillémie du blog Beautysurvivalism, celui du mini bain d’huile. https://beautysurvivalism.wordpress.com/2015/10/17/et-pourtant-jaime-pas-les-bains-dhuile/

En fait, après le shampoing, sur cheveux à peine essorés, j’applique 5 gouttes d’huile végétale 1ère pression à froid préalablement chauffées entre les deux mains, et je m’empresse de démêler aux doigts.

Ensuite, je rince bien, en finissant par un jet d’eau froide pour bien refermer les écailles. Si besoin est, cheveux particulièrement secs et cassants, je rajoute une goutte de la même huile sur les pointes. Et c’est tout!

Minimalisme et efficacité la plus absolue chez moi. 😻😻😻😻

Nota Bene : Je démêle -presque!!!- toujours les cheveux avant de les laver, à la brosse en poils de sanglier ou au peigne en corne (cf. ICI), en partant des pointes et en remontant vers les racines, mèche par mèche, pour limiter la casse dans ma chevelure paquet de nœuds.

[ Pourtant, avant, je n’aurais jamais eu l’idée de m’abstenir d’utiliser un après-shampoing, que ce soit sous forme crémeuse ou sous forme solide. J’en avais toujours au moins 5 petits palets et un gros pot à l’avance!

Pour ce qui est de l’après-shampoing crème, je me fiais à cette recette de ce type (je pourrai détailler le protocole par la suite si ça vous intéresse!) : phase aqueuse à 80% avec eau minérale, hydrolat, jus d’aloé véra…, phase huileuse à 23 % (huile de coco pour moi alors, en général) et 7% de conditionner émulsifieur (vendu sur Aromazone et plein d’autres sites du même style), à quoi je rajoutais quand même quelques gouttes de conservateur genre extrait de pépins de pamplemousse.

Pour ce qui est des palets après-shampoings, deux recettes se partageaient mes faveurs :

1. 40 grammes de BTMS + 10 grammes de cire émulsifiante + 44 millilitres d’huile végétale + 4 grammes de cire d’abeille
2. 10 grammes de conditionner émulsifieur + 90 grammes de beurre de cacao + 15 grammes d’huile végétale + 1 cuillère à café de cire émulsifiante

Mais le séjour à Tahiti m’a forcée à aller vers plus de simplicité et d’efficacité… Quelle économie de me retrouver finalement avec une seule huile végétale qui me sert pour tout (corps, ongles, visage, cheveux), et quelle rapidité -sans même parler du gain de place!- à l’heure de préparer des bagages!!!]

Voilà un flacon codigoutte contenant mon huile  unique du moment, c’est-à-dire de l’huile de sésame (après 15 mois à l’huile d’olive!).

Les nouer sans les casser 

Autre aspect important de la vie capillaire : l’attache.

Des élastiques avec des bouts de métal, surtout s’ils sont attachés serré et toujours au même endroit, vont abîmer fortement la fibre capillaire… (Pensez à l’alopécie des danseuses!) Du coup, pour le sport, j’utilise un élastique en tissu tout simple fait d’une seule pièce.

Et le reste du temps, j’ai remédié au problème en adoptant la pique à chignon, même la nuit, ce qui me permet en plus d’obtenir de jolies ondulations au réveil.

L’art du séchage 

Le sèche-cheveux a tout bonnement disparu de mon existence il y a 12 ans, et le fer à lisser/friser il y a 15 ans.

En revanche, j’utilise une petite merveille de la marque H2O at home, et je l’emporte avec moi à chaque déplacement! Grâce à cette serviette de tête, les cheveux sont fort bien préséchés, et comme je les lave de préférence en début de soirée, ils sont un peu humides quand je me couche et ont ensuite la nuit pour finir de sécher avec la forme donnée par le chignon.

    Et comme on ne saurait parler de cheveux, sans penser à Baudelaire, un petit poème pour la route!

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir !

 

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

 

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève !
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve>
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

 

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

 

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

 

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

 

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

 

Bref, foin des cheveux de paille ; à nous les chevelures de sirène!

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